L'enfant différent

Conférence d’Olivier REVOL – 14 octobre 2013 : un aperçu de tous les enfants différents

Le sujet de l’hyperactivité envahit la vie d’aujourd’hui. Combien de parents, face à un enfant agité, se sont demandé ou ont eu des amis qui leur ont demandé si leur enfant était hyperactif ?


Tous les enfants d’aujourd’hui sont de plus en plus agités car nous vivons tous dans la précipitation, tout va vite, trop vite ; nous vivons dans une société qui excite et donc, nos enfants sont excités.


C’est pourquoi le sujet de l’hyperactivité est un sujet sur lequel Olivier REVOL veut insister car il pense qu’il faut aussi arrêter la polémique sur le traitement des enfants hyperactifs. Il faut tout d’abord savoir pourquoi l’enfant est agité et que le traitement médical est parfois utile, voire indispensable :

  • Pour que l’enfant s’épanouisse à l’école,
  • Qu’il puisse avoir des copains,
  • Qu’il réussisse certaines expériences,
  • Qu’il se retrouve face à des gens bienveillants.


Tous ces enfants sont des enfants très drôles, des as de la dérision. L’humour peut nous aider à fonctionner avec eux, l’aider lui à accepter les limites. Il faut aussi savoir respecter les siennes, d’ailleurs… ex : sa chambre = son domaine, ses limites à lui.


Grâce au traitement médical, les choses s’apaisent dans l’environnement de l’enfant :

  • Les parents sont rassurés,
  • La pression est mesurée.

 

AVOIR UN ADO


Chez l’adolescent, il faut savoir que le fait qu’il fasse de la résistance sur les choses sur lesquelles ses parents insistent est une chose positive, la preuve de leur bonne santé psychique (c’est un schéma normal, une progression vers leur autonomie). Plus on insistera à leur faire des remarques sur leur look, l’état de leur chambre, plus ils iront
loin dans leur opposition… un excès de pression = un excès de résistance. Il faut donc veiller à un équilibre : pas d’ingérence, mais pas d’indifférence non plus. Si, par exemple, l’ado a des soucis dans le domaine scolaire, il est conseillé de lui faire prendre des cours avec un étudiant, qui lui donnera l’exemple, la pulsion nécessaire car les jeunes sont plus sensibles à l’exemple donné par des gens de leur génération.


Il faut aussi respecter leur rythme individuel. Il faut savoir chez l’adolescent, le sommeil tardif est normal (pas avant 23 h). Par contre, il ne doit pas non plus être troublé par les outils modernes. Autrefois, on lisait le soir pour trouver le sommeil, aujourd’hui, on utilise l’ordinateur, le téléphone, on pianote sur internet… le problème, c’est que l’écran renvoie au cerveau une luminosité qui perturbe celui-ci et retarde donc l’heure du sommeil. Il est donc indispensable de savoir décrocher le soir. Pour en convaincre nos adolescents, il faut leur expliquer ce processus, car ils seront plus sensibles à cet argument qu’à une interdiction formelle, sans explication.


LES RYTHMES SCOLAIRES


Les capacités attentionnelles de tous les enfants sont au plus bas le matin à 8 h. Elles commencent à monter vers 9 h et sont au top à 11 h. Elles redescendent ensuite à la pause déjeuner et sont au plus bas à 14 h : il ne faudrait donc aucune activité nouvelle ou essentielle avant 16 h – 16 h 30, heure où l’attention remonte !

 

LES ENFANTS EN DIFFICULTE SCOLAIRE

 

Quelques signes d’alerte :

  • L’orthographe,
  • L’enfant s’ennuie à l’école,
  • Les cahiers sont mal tenus,
  • La maîtresse n’en peut plus,
  • Il ne capitalise pas…


Cf PENNAC – Chagrin d’école


La dyslexie peut gêner les loisirs : en musique, il inverse les notes, comme il inverse les mots…

Si l’enfant ne progresse pas, il rentre dans une spirale de nullité (« je suis nul ») et il n’apprécie plus l’école, voire il ne veut plus y aller.


L’école est un lieu d’inégalités. Tout le monde n’a pas les mêmes moyens, nous n’avons pas tous les mêmes compétences.


La paresse n’existe pas. Petits, tous les enfants ont hâte d’aller à l’école, puis, quand ils y sont, au bout d’un certain temps, parfois, seulement au bout d’un mois, ils sont déçus : pour certains, ça ne va pas assez vite, pour d’autres, ça va trop vite… ils ont pourtant tous envie d’apprendre, même les enfants qui ont de mauvaises notes, même ceux qui sont en difficulté. Tous aimeraient être bons à l’école (demandez-leur ce qu’ils aimeraient que vous réalisiez si vous aviez une baguette magique ; ils vous répondront « j’aimerai avoir de bonnes notes à l’école »).


Certains enfants se disent qu’ils n’y arrivent pas, alors qu’ils sont en réalité tout aussi intelligents que les autres. Ils se disent à force que ça ne sert à rien de travailler car les résultats ne suivent pas : ils ont des troubles qui les gênent : ils sont dysorthographiques, dysgraphiques… mais pas reconnus comme tels - et ils préfèrent, à force,
arrêter de travailler pour que leur échec soit plutôt dû à l’arrêt du travail plutôt qu’à un travail qui s’avère inutile car peu productif.


Si le DYS (ou l’enfant en difficulté) arrive à sortir de cette spirale, il faut savoir qu’il a un véritable atout : il en a tellement bavé petit qu’il a appris la persévérance, le sens de l’effort et l’obstination – cela lui servira le restant de sa vie !


L’enfant en échec scolaire a besoin d’être remotivé. On peut le faire en lui montrant pourquoi l’apprentissage est difficile pour lui :

  • Parce que les compétences sont mal acquises,
  • Parce qu’il manque de motivation individuelle,
  • Parce qu’il n’a pas d’entourage « supporter ».


Les différentes causes de difficultés scolaires :

  • Causes instrumentales (manque de moyens),
  • Causes psychologiques (mauvaise utilisation de ces moyens),
  • Causes environnementales (la défaillance de l’entourage).

 

Les causes instrumentales

  • Problèmes de vision, d’audition, d’orthoptie,
  • Le haut potentiel intellectuel (HPI) : 30% d’entre eux sont virés avant le lycée, dans toute l’Europe !
  • Les troubles DYS, les problèmes de l’attention.Les causes psychologiques
  • Un manque de motivation,
  • Un excès de pressions,
  • Des préoccupations (dépression, anxiété, TOC).

 

LES TOC


Ceux-ci sont parfois invisibles. Ils peuvent être décelés quand un enfant qui a toujours eu de bons résultats chute en CE2, CM1 ou en 5e, notamment. Quelque chose le contrarie et son esprit est occupé par des tocs de la pensée : il pense à des choses ridicules, gênantes, et il se sent obligé pour les masquer à penser à des choses encore plus
stupides. Il y a aussi des enfants qui comptent les marches, les lettres des phrases que le maître dit… ces tocs sont un moyen pour lui de reprendre le contrôle de sa pensée.


Pour l’aider, il suffit d’invoquer le TOC, lui dire que ce n’est pas une maladie. Cela lui permet de prendre de la distance avec celui-ci et la moitié du chemin vers la guérison est déjà fait ! On peut ensuite l’aider en le faisant suivre une thérapie comportementale.


LES DYS


Ce sont des enfants intelligents qui présentent des troubles de l’apprentissage dus à une altération spécifique du système cognitif. Leurs troubles ne sont ni liés à une déficience, ni à des causes sensorielles ou psychologiques.


Il faut, pour en être sûr, faire un bilan de santé, qui élimine toute autre cause.


Les statistiques :

  • Les dysphasiques (langage oral) représentent 1% de la population,
  • Les dyslexiques (langage écrit) : 5 à 8 %,
  • Les dyspraxiques (gestes complexes, coordination des mouvements) : 5%.

 

Aménagements scolaires et autres


Les dyslexiques

  • Ne plus les sanctionner en orthographe,
  • Ne pas les faire lire devant les autres,
  • Leur fournir des photocopies élargies.


Les dyspraxiques

(à savoir que 50% d’entre eux sont aussi précoces)

 

  • Ne plus les faire écrire à la main,
  • Privilégier l’oral,
  • Réduire les manipulations,
  • Nommer un tuteur pour vérifier qu’ils ont tout noté,
  • Leur fournir un outil informatique.


Ps : le jeu GUITAR HERO, sur la WII est conseillé pour les dyspraxiques.


Ce qu’il faut aux DYS, c’est leur apprendre à rendre leurs tâches automatiques (cf site du Ministère « Ecole pour tous »).

 

Dys = handicapé ?

Non, il faut transformer ceci en force. Leur trouble les oblige à dépasser certaines difficultés et développer d’autres
compétences.
Il ne faut pas mélanger la dyslexie et l’enfant dyslexique, c’est un enfant normal, porteur d’une dyslexie, mais c’est
un enfant qui va bien. Il faut parler à l’enfant qui est derrière car le plus dur pour eux, c’est que cet handicap est
invisible…


ENFANTS INSTABLES

 

Ils sont :
- Hyperactifs,
- Impulsifs,
- Distraits.


Ils sont pénibles de partout. Cela a un retentissement familial, social, scolaire.


Pour établir un diagnostic d’hyperactivité, il faut que ce problème ait toujours existé (ce n’est pas juste à un moment donné, face à une situation donnée). L’hyperactivité n’est pas une maladie, c’est un symptôme.

L'hyperactivité peut être un symptôme de :

  • Troubles de l’humeur
  • TDA/H
  • TOP =Trouble oppositionnel ou provocation
  • Multiplex disorder
  • TOC = Troubles anxieux
  • Affections neuropédiatriques
  • Troubles des apprentissages
  • Précocité

 

TDAH


Les enfants avec un déficit de l’attention ont toujours été bougeons, jamais tranquilles à aucun endroit. 


Ils sont joyeux et enthousiastes. Leur énergie est à canaliser mais cela peut se révéler un grand talent dans certains métiers.


Ils ont du mal à finir les choses, et surtout celles qui sont rébarbatives.

Ce sont les spécialistes de la procrastination : ils se disent qu’ils ont tout le temps… ils n’arrivent pas à commencer et ont du mal à finir. Cela les empêche de s’organiser, d’avoir un plan d’action. Il faut donc les réorganiser.

Ces enfants n’ont pas de malice, ils ne sont pas méchants.

 

Hyperactivité motrice

  • Il court et grimpe de partout,
  • Il s’agite,
  • Il ne reste pas assis (sauf devant un jeu vidéo dont ils sont très addicts, justement),
  • Il ne joue pas en silence,
  • Il prend des risques.


Il recommence sans cesse les mêmes bêtises, même s’ils s’en excusent et s’en sont excusés avant…


A l’école, il faut les mettre au premier rang et les regarder quand on parle.


Problème d’attention

  • Difficultés à se concentrer,
  • Distrait,
  • Perd ses affaires,
  • Paraît ne pas écouter,
  • Ne termine pas ce qu’il entreprend.


Il faut comprendre qu’ils ne le font pas exprès. C’est un problème génétique.


Une fille TDAH rêveuse, fait des fautes bêtes : elle n’a pas lu la question jusqu’au bout et du coup, n’a pas compris ce qu’on demandait.


Pour les aider : faire des check listes !


Impulsivité

  • n’attend pas son tour,
  • se précipite,
  • interrompt la conversation,
  • passe d’une activité à l’autre.


Tout cela entraîne un quotidien difficile qui risque de plonger l’enfant dans différents problèmes :

  • dépression,
  • troubles du comportement,
  • difficultés sociales,
  • conduites à risque,
  • addiction,
  • échec professionnel.

 

Au niveau scolaire :

  • les fautes d’inattention deviennent des fautes d’usage,
  • elles augmentent au cours de la tâche,
  • elles sont aggravées par le comportement.Pour déceler un TDA/H, il faut savoir où cela se produit (de partout ?) et depuis quand (depuis la petite enfance ?).


Quand il est observé, il ne tient pas en place (quand il est adulte, c’est la jambe qui saute…).


Différents tests :

  • échelle de Conners,
  • Stroop.


Les aides possibles

  • Le traitement médicamenteux : Ritaline, Concerta (pas avant 6 ans),
  • Une guidance parentale,
  • Des conseils pédagogiques :
    • Pas de doubles tâches,
    • Fractionner les demandes.

 

Arrangements des apprentissages

  • Approche globale de l’enfant (on le traite souvent de fainéant, mal élevé ou qui a des problèmes psychologiques),
  • Avoir une démarche diagnostique rigoureuse,
  • Restituer le désir d’apprendre (lui permettre un time-out : 1 mn par année d’âge pour faire retomber la pression).

 

Il faut bien les cadrer :

  • Etablir des plannings,
  • Avoir une réelle organisation.


C’est primordial.


Un truc malin : STOP – THINK – GO.


Il est bien de faire un électroencéphalogramme pour les enfants qui ont des absences.


Le jeu vidéo est réparateur, il aide au développement de l’être humain car l’enfant y devient acteur : de sa vie, de son personnage.


A propos du traitement médicamenteux et la polémique dont il est sujet…


Olivier REVOL tient à expliquer ce choix. Dans son service, ce médicament est donné sur un certain laps de temps, très limité. Premièrement, il n’est donné que dans la semaine, et pour les horaires scolaires, pour permettre à l’enfant de suivre une scolarité normale, sans problème d’inattention, et en toute quiétude. Afin d’éviter un
problème d’accoutumance, il n’est pas donné le week-end (ou dans des cas très rares).


Il est aussi donné dans un laps de temps étudié pour chaque enfant : chaque année, on étudie la pertinence de poursuivre le traitement ou pas. Il est donné pour permettre à l’enfant de retrouver une sérénité dans ses milieux de vie : école, famille… car il n’est pas donné sans conseils pédagogiques. Le traitement à lui seul ne suffit pas, il faut
établir d’autres règles, une autre organisation de la famille et le traitement médicamenteux aide non seulement l’enfant mais aussi sa famille à pouvoir les intégrer sereinement, car, le fait d’avoir un enfant plus calme, moins agité apaise toute la famille et permet de nouvelles relations. Une fois celles-ci établies, l’enfant rassuré et en meilleure intégration dans tous les domaines de sa vie, celui-ci pourra peu à peu se passer du traitement.

 

Une vidéo de 2015 : http://www.linfo.re/la-reunion/sante/682173-l-hyperactivite-est-un-symptome-pas-une-maladie

 

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Date de dernière mise à jour : 27/06/2016

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